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Méthode ♦ Kit de productions

Mettre en place la prescription anticipée au sein de votre service des urgences

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La mise en place de prescriptions anticipées en radiologie, biologie médicale ou sur la douleur peut contribuer à réduire le temps de passage aux urgences. Il s’agit d’une démarche encadrée juridiquement : En effet, l’article 51 de la loi HPST du 21 juillet 2009 permet la mise en place, à titre dérogatoire et à l’initiative des professionnels sur le terrain, de transferts d’actes ou d’activités de soins et de réorganisations des modes d’intervention auprès des patients. Ces initiatives locales prennent la forme d’un protocole de coopération qui est transmis à l’ARS. Celle-ci vérifie la cohérence du projet avec le besoin de santé régional, avant de le soumettre à la validation de la HAS.

Les prescriptions anticipées peuvent être distinguées selon plusieurs axes d’analyse : Les professionnels concernés (délégation à une catégorie professionnelle), la nature des actes, ou type de prise en charge.

Concernant les autorisations de prescription anticipées, nous parlons principalement d’une délégation de réalisation des actes d’un médecin à un infirmier. La délégation peut concerner plusieurs types de prescriptions, que cela soit à titre d’exemple pour un examen de biologie, d’imagerie ou prescription médicamenteuse.

Dans le cadre de ce kit, nous chercherons à répondre à plusieurs questions :

  • Quelle filière choisir pour les prescriptions anticipées ?
  • Dans quelle mesure les protocoles de prescription peuvent-ils être formalisés ?
  • Quel profil pour réaliser la prescription anticipée ?
  • Comment mettre en place le protocole

Cible

  • Directeur
  • Chefs de service des urgences
  • Cadre de proximité des urgences
  • IOA
  • IDE
  • Radiologue
  • Biologiste

Enjeux

  • Améliorer la qualité globale de la prise en charge et diminuer les temps d’attente pour les examens complémentaires
  • Réduire le temps de prise en charge jusqu’à la décision médicale
  • Soulager la douleur plus rapidement et standardiser les procédures de prise en charge de celle-ci
  • Sécuriser les soins

Indicateurs de suivi

  • Temps de prise en charge par IAO avec prescription anticipée
  • Temps de prise en charge jusqu’à la prescription de protocole
  • Part des patients ayant bénéficié de la prescription anticipée
  • Temps de prise en charge globale des patients ayant bénéficié de la prescription anticipée par rapport au temps de prise en charge globale des patients ne l’ayant pas reçu (sur la même filière)

Kit Outil / REX

Pré-requis

  • Décision institutionnelle sur la dérogation pour les prescriptions
  • Etude sur les flux pour vérifier l’intérêt de sa mise en place

Clés de la réussite

  • Prioriser les filières ou pathologies concernées par ce type de prescription sur des critères objectifs (volume, pertinence, intérêt pour le patient …)
  • Anticiper les sessions de formation des soignants
  • Clarifier le fonctionnement retenu avec les instances concernées
  • Communiquer et réviser les protocoles en cas de changement de pratique
  • Informatiser le protocole de prescription anticipée facilite et cadre son application par les professionnels

Thèmes et fiches associés

Sommaire

1. Définir les critères de choix des protocoles. 4

2. Choisir les modalités d’application. 4

2.1. Identifier les professionnels en charge de la prescription anticipée. 4

2.2. Formalisation d’un protocole de prise en charge pour les prescriptions anticipées Définir un arbre de décision 4

2.3. Garantir la traçabilité des données. 5

2.4. Former les professionnels au processus 5

Actions pour la mise en oeuvre

1. Définir les critères de choix des protocoles

Une étude de l’activité par motif de recours est nécessaire pour prioriser la mise en place du type de protocole et cibler les pathologies, les parcours où la prescription anticipée peut avoir un véritable impact sur la durée de la prise en charge ou sur la sécurisation du circuit.

Les critères de choix peuvent être le volume des patients, la gravité de la pathologie, la nécessité d’une prise en charge rapide ou bien la difficulté de triage.

A titre d’exemple, l’Hôpital Européen a élaboré son protocole de prescription anticipée sur la prise en charge des douleurs thoraciques. La clinique Via Domitia a mis en place la prescription anticipée pour les antalgiques afin de soulager la douleur du patient. (cf Exemples dans Kit Outils/ REX)

2. Choisir les modalités d’application

2.1. Identifier les professionnels en charge de la prescription anticipée

Comme le terme « anticipée » l’indique, il s’agit de la réalisation d’un acte à un moment plus tôt que dans un circuit classique. Cette anticipation sert à réduire le temps de prise en charge médicale et obtenir une décision anticipée sur l’orientation du patient dans son parcours. Aux urgences, ce sont les IOA, qui sont le 1er contact du patient. Ce sont donc ces profils qui sont identifiés en priorité pour déclencher la prescription anticipée.

Dans certains établissements, ce rôle peut être assuré par tous les IDE du service d’urgence, dans ce cas de figure, la délégation doit concerner tous les professionnels de cette catégorie, qui sont susceptibles de l’appliquer.

2.2. Formaliser le protocole de prise en charge pour les prescriptions anticipées

Les règles d’application d’une prescription anticipée doivent être centralisées dans un document validé au niveau institutionnel, et formalisés dans un protocole. Ce document comprendra à minima des éléments suivant :

  • L’arbre de décision pour l’application du protocole
  • Les critères d’inclusion et d’exclusion des patients
  • Les horaires de fonctionnement

L’élaboration d’un arbre décisionnel est primordiale pour clarifier les règles de prescription. Cet arbre de décision est à construire avec l’implication des médecins urgentistes, et les services concernés, que cela soit le service de biologie, d’imagerie ou un service spécialisé en cas d’une prescription spécifique à une pathologie donnée (pneumologie, cardiologue, orthopédiste, etc.). Ces professionnels sont encouragés à apporter leur analyse sur le protocole et proposer des corrections si nécessaires.

Des critères d’inclusion et d’exclusion peuvent être établis pour l’application de la prescription.

Quelques exemples pour les critères d’exclusion d’une prescription anticipée pour les examens d’imagerie :

  • Patient non valide ou accompagné
  • Traumatisme associé ou proximal
  • Femmes enceintes
  • Absence de traumatisme à l’origine de la douleur

Pour une meilleure lisibilité, les horaires d’application sont également à préciser sur l’arbre de décision. Le protocole peut concerner une période spécifique dans la journée, à titre d’exemple correspondant au fonctionnement du circuit court, ou bien H24.

L’arbre de décision, les critères d’inclusion et d’exclusion doivent être intégré dans un seul document, dans un protocole qui est soumis à la validation des instances institutionnelle.

Si plusieurs protocoles sont disponibles, il est conseillé de les rendre facilement accessibles sur un intranet.

Les protocoles de prescriptions anticipées sont à valider par l’ARS et par l’HAS afin d’assurer la cohérence des dispositifs en place et la sécurité des soins.

Valider le protocole également avec toutes les instances (CLUD, CME, direction et surtout médecin urgentistes référent, cadre de santé).

2.3. Garantir la traçabilité des données

Dans un souci de responsabilité médicale engagée, la traçabilité de la réalisation des actes et des prescriptions est recommandée par métier ou d’une façon nominative si possible.

Il s’agit d’une démarche dérogatoire, son application doit être suffisamment cadrée pour éviter les risques liés à une éventuelle sur-prescription, par exemple une application du protocole hors de son contexte

Au-delà des aspects de sécurité, la mise en place de cette traçabilité permettra d’objectiver les impacts attendus et de suivre les indicateurs définis préalablement

2.4. Former les professionnels au processus

Avant la mise en place opérationnelle du protocole, un plan de formation est à établir pour l’ensemble des professionnels concernés. Ces sessions permettront d’expliquer l’intérêt du protocole, les règles d’application, de discuter des éventuelles questions.

Au bout d’un mois, faire un suivi de l’application du protocole, et s’il parait sous utilisé, il est conseillé de refaire des sessions de formations et de sensibilisation auprès du personnel pour analyser les raisons de sa sous application.

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